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Retour sur…

L’édition de novembre 2011 donne la parole à celle que l’on traite de tous les noms, de  « menteuse », de « mythomane », et même de « calculatrice », à celle dont on suppose connaitre toute la vérité, à celle que l’on traite de paria, d’empoisonneuse de la république.

Mais qui est donc l’ homme qui a offert une tribune à Tristane Banon pour donner la parole à celle dont on veut étouffer la voix?

Voici donc l’ interview brut de décoffrage, sans retouche, sans chichis, sans langue de bois de Raphaël Turcat, Rédacteur en Chef de Technikart.

Raphaël, peux tu te présenter sous la forme d’un pitch?

Sous la forme d’un pitch ? Euh… Un mec qui a toujours rêvé de raconter des histoires surprenantes basées sur la modernité et qui s’est dit que le faire via un magazine avec un nom imprononçable lui semblait la chose la plus simple à réaliser.

 Donne moi ta définition de la « hype »

La hype, ça serait un phénomène plutôt anodin mais qui traduirait les préoccupations de l’époque. Tellement anodin que le décalage entre son aura médiatique et sa réelle importance dans l’histoire fait que ce phénomène monte très haut puis redescend très vite par une logique mathématique toute simple : engouement bien au-dessus de la valeur réelle suivi d’un bashing bien au-delà de la valeur réelle. Le point moyen entre le point culminant et le point inférieur indique le niveau réel du phénomène. Exemple du moment: Lana Del Rey, bonne artiste, traduit l’obsession du rétro qui symbolise notre époque. On ne parlait que d’elle il y a deux mois sur la foi de deux morceaux, je vois aujourd’hui fleurir des couv’ de magazines titrées “L’arnaque ?” alors que sort son album. La vérité est entre ces deux affirmations.

 Etre influent pour toi c’est quoi?

C’est plus une responsabilité qu’un motif d’orgueil ou de vanité. C’est-à-dire, comme dirait Xavier de Rosnay de Justice, avoir la responsabilité de pousser son entourage et ses lecteurs à découvrir des choses pas forcément fun, bouffables et digérables en quelques minutes. Tu veux un exemple ? David Guetta. Ce mec produit de la merde sans nom au kilomètre. Mais qui sait par exemple que c’est l’un des DJs les plus érudits de l’histoire de l’électro ? C’est aussi mon rôle et celui de Technikart de dire les deux versants du mec.

Raphaël, tu leur réponds quoi aux gens qui disent que la Powerlist Technikart c’est du copinage?

Sur les cent personnalités de cette année, il y a moins de dix copains, ce qui fait 10% des gens cités. Et on a plutôt tendance à les sous-classer que le contraire.

Technikart c’est mieux que GQ et l’Optimum réunis parce que…

Sincèrement, je ne pense pas que Technikart soit mieux que ces deux mags mais que la volonté et la sincérité qui nous animent sont plus authentiques. J’en parle avec d’autant plus d’assurance qu’une majorité de journalistes qui œuvre chez GQ est passée par Technikart. Connaissant les loustics, je sais très bien que leur envie ce n’est pas de faire un magazine avec José Garcia en couverture.

Technikart dans 5 ans ce sera…

Le Vanity Fair à la française en beaucoup mieux.

Le prochain français (e) bankable tu paries sur qui?

Cyprien Gaillard. C’est un artiste d’une trentaine d’années, l’un des meilleurs avec Laurent Grasso ou Loris Gréaud, pour parler de la génération qui arrive juste derrière celle des installés, comme Xavier Veilhan. J’espère prochainement voir un long-métrage signé par lui.

La Success Story à la française par excellence pour toi?

«Success story», j’aime pas ce mot, ça fait «Si t’as pas de Rolex à 50 ans, t’as raté ta vie». D’ailleurs je trouvais ça réconfortant que Hollande parle de l’humain dans son discours au Bourget après cinq ans de culture de la performance, de fausse méritocratie et de mecs agités par les tics et les effets d’annonce. Bref, si success story il doit y avoir, je dirais Tahar Rahim, parce que c’est d’abord un super acteur et qu’ensuite, sa visibilité signifie un vrai tournant dans le cinéma français. Et puis il a un peu losé alors qu’il devait tout cartonner, ce qui rend sa «success story» d’autant plus sympathique.

Ton préféré (e) de la Powerlist 2011? Pourquoi

J’aime bien Julien Bayou, l’âme de Jeudi noir et de Génération précaire. Je trouve juste dommage qu’il se retrouve chez les Verts qui sont une vraie machine à perdre et qui parlent d’une voix qui ne porte pas très loin. Bayou au PS, ça aurait une putain de gueule.

Texte & Propos recueillis par Aurélie Siou

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