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Itinéraire d’un jeune auteur hors du commun…

Parfois perçu comme un dandy noctambule, Nicolas est en réalité un bosseur acharné! Ce n’est, ni son nom ni le qualitatif d’enfant surdoué qui ont forgé sa réputation, mais bien son travail passionné.

Chroniqueur sur OUI FM ou il anime sa « Semaine de Mytho » chaque dimanche, compositeur, scénariste, pianiste, auteur metteur en scène de la pièce Promenade de Santé (sa 5ème pièce), déjà nominé 2 fois aux Molières, il trouve encore le temps d’écrire des téléfilms pour José Dayan, et s’apprête à publier un roman en janvier 2011. Nicolas, qui se décrit de la façon suivante, « 1M82, yeux bleus, colérique, fumeur de Malboro Light », carbure à l’adrénaline, enchaine les succès, mais pas n’importe comment!

Lorsqu’il me parle de ce qui lui tient à cœur, il ne devient pas le vecteur d’un grand fou rire, mais tout simplement d’une émotion sincère.
Fidèle à lui-même, et à son entourage, au nom qu’il porte sans pudeur, mais avec un dévouement affirmé.

Personnage haut en couleur, il vous met K.O. lorsqu’il s’engage dans une conversation sur sa vision de la société et son analyse si juste de l’identité de notre génération (les 30/40 ans).

Fidèle donc, et attaché aux relations d’amitié qu’il entretient avec ses amis proches, une pléiade de personnages très talentueux.

Une générosité qui suscite l’émotion et qui transpire de vérité dans ses œuvres, influencées par sa passion pour l’Art contemporain, la littérature, guidées par son intuition et de grands coups de cœur, et portées par le respect qu’il porte à ses acteurs et la complicité qu’il partage avec eux.

Si vous n’avez pas encore cerné ce garçon à la personnalité affirmée, voici donc une phrase tirée de son récent passage sur la plateau de On est pas Couché, ou il interpelle Eric Nolleau et Eric Zemmour sur le fait que « c’est pour ça que le concept de cette émission est con, c’est exactement parce que je suis le plus mal placé pour parler de cette pièce dont je suis fou! »

Nicolas, Nationalité et origine des parents?

Français. Des origines espagnoles. Mon père est pied noir.

Nicolas, penses-tu que le « Yes We Can » c’est possible en France?

Oui et non! Bien sur certains talents obstinés parviennent à s’imposer, bien sur la passion paie, mais je trouve la question écrasante, parce que dire « oui » sous entendrait une forme d’égalité des chances et des possibles dont nous sommes encore loin! Et je ne suis pas certain que les États-Unis soient l’exemple absolu! J’ai plein d’amis talentueux qui, pour mille raisons indépendantes du « Yes We Can » ne s’envolent pas. Le caractère, la situation sociale et relationnelle de départ font toute la différence. Alors oui on nous répond Jamel & Co, mais lui, c’est l’arabe qui cache la foret!

Nicolas, tu penses qu’on met assez les talents en valeur en France?

Oui! Mais pas n’importe lesquels! On vit comme chacun sait dans un monde ultra-libéral qui éclaire jusqu’à l’aveuglement ceux dont le style parle au plus grand nombre! Dans le domaine du stand up, que mon père a un peu inventé, on nous présente un génie par semaine! Mais d’autres formes d’expression comme l’Art contemporain, le théâtre ou la grande littérature restent confinées dans la cave de certains magazines. La télé, par exemple, ne fait pas long sur les jeunes intellectuels.

Moi qui jouis d’une grosse couverture médiatique, je ne m’en plains pas pour autant, mais c’est d’abord la prime au succès public et à la notoriété. Le talent supposé vient ensuite!

Nicolas, tu la trouves comment la France d’aujourd’hui?  Elle t’inspire quoi?

Elle m’inspire quelque chose de drôle, de sympathique, et en même temps de vachement dépressif! Elle m’inspire quelque chose de très rétrospectif. Notre génération se contente parfois de digérer et de revisiter avec talent les grand délires et modes lancés par nos ainés. Cette génération, je suis pas certain qu’elle souhaite furieusement inventer quelque chose!
On peut sentir parfois un manque d’identité et de projets. Regarde Le Baron, boite branchée par excellence: ce n’est ni plus ni moins qu’une imitation très réussie du Club 54 des années 70/80! La France d’aujourd’hui, qui se méfie du politique, de l’idéologique, du romantique, du lyrique…Disons qu’elle a le charme de quelqu’un de malin qui ne croit plus en grand chose. « Je ne ressens plus rien, donc je m’éclate! ». On vit dans une grande soirée concept REVIVAL, on fait une grande déprime joyeuse!

En ce qui me concerne, je ne cherche pas à être à la mode, je fuis la temporalité! Il n’y a rien de moins jeune que ceux qui veulent faire jeunes! Le concept « jeune » me parait très ringard de nos jours. Et c’est un auteur « à la mode » qui te le dit!

Tu leur réponds quoi toi Nicolas, aux gens qui disent qu’il ne se passe plus rien à Paris?

Je leur répond qu’il se passe plein de trucs mais que je suis pas invité partout!
Nicolas, qu’as-tu fait pour en arriver là? Tu la dois à quoi ta réussite?

Mon nom a été compliqué à porter, parce qu’il a nourri une certaine méfiance et une sévérité redoublée. J’ai même eu le droit, après mon premier succès, à ma mini-traversée du désert, pendant plus de 2 ans. Personne ne voulait plus monter mes pièces. Je n’ai pas pleurniché, je peux même comprendre l’agacement que suscite l’itinéraire des « fils et filles de » mais je n’allais pas m’excuser de travailler et d’exister! Peut-on décemment contester le talent de Jacques Audiard, Izia Higelin ou Julie Depardieu?

J’ai avancé sur plusieurs fronts et c’est ce qui m’a permis d’en arriver là! J’ai assumé tout ce que j’étais et tout ce que je faisais. J’ai servi fidèlement le Théâtre et mes acteurs quand tout le monde me pressait d’aller vers le cinéma. J’ai même écris pour mon père au moment même ou on voulait m’en dissuader!

Si j’en suis là aujourd’hui, provisoirement!-c’est en grande partie grâce à l’estime et au soutien actif de quelques anges gardiens/ Neils Arestrup, Nicolas Rey, Mélanie Laurent…

Je travaille en famille au sens noble du terme, parmi et avec les gens que j’admire et qui me le rendent bien.
Celui ou celle qui incarne la « success story » à la française par excellence pour toi?

En ce moment, mon camarade Benjamin Biolay! Ce qui me plait chez lui, et que je trouve touchant, c’est qu’il a pris des gadins, je l’ai connu à une époque ou il n’y croyait plus. Il y a chez lui quelque chose de « pas propre », de tout sauf lisse dans son parcours, à l’image d’un Higelin ou d’un Baschung. Benjamin c’est l’anti-stratège, rien de consensuel, c’est un très mauvais « candidat » et il est désormais plébliscité!

Le prochain français (e) « bankable » pour toi? Tu paries sur qui?

Sur Izia! (Ndlr: Izia Higelin, couronnée par la Victoire de l’album Rock cette année) qui explose avec une évidence saisissante et dont le succès pourrait dépasser les frontières de la France!

Et aussi sur Siobhan Wilson, qui sort un album chez My Major Company, et qui a composé la musique de ma dernière pièce. C’est une tuerie! Un truc de malade! Sa voix, sa musique, tout le monde m’en parle en ressortant de Promenade de Santé!

Nicolas, tu as un scoop pour moi?!

Oui! Je ne me drogue pas! Jamais! Je ne prends rien, je suis trop parano sur les substances chimiques!

Ca peut paraitre anodin ou décalé comme révélation mais je crois savoir que beaucoup de gens me prêtent un penchant pour la coke, par exemple, ce qui est insensé pour qui connait mon rapport obsessionnel avec mon cerveau! Si c’était vrai, je l’assumerais à fond, j’ai appris à me foutre de tant de choses!

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