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Nul besoin de monter le son sur les images de César Ancelle Hansen…

A la fois visuelles et sonores, c’est un tourbillon d’émotions flottantes et vaporeuses qui émane de ses photos. Homme à la sensibilité et à la générosité intense et charismatique , César se livre sans concessions dans chacune de ses prises, évanescentes et énigmatiques à la musicalité débordante d’effluves culturelles et sociales. César capture, filme notre époque déstructurée et virevoltante et parvient à lui donner cette douceur et cette pureté d’une rareté rafraîchissante et rassurante. De ses photos se dégagent une force émotionnelle et stylistique très marquée. Dans chacune d’entre elles, la lumière s’introduit de manière miraculeuse.

Toujours dans le bon accord, César apporte un souffle, une touche, une lumière, une valeur, une senteur, une préciosité, une authenticité, une précision, une richesse, une fièvre et des couleurs d’une beauté inouïe et euphorisante.

Appareil photo au poing il prouve encore une fois avec sa série d’images capturées au Burning Man sa capacité à saisir l’instant et les sujets qu’il observe de façon très intime. Face à l’appareil de César, les silhouettes semblent prêt à s’animer comme si on les filmait. Partout dans la nature les corps, parfois les regards, croisent l’objectif du photographe. L’humain est là, au cœur de tout. L’artiste quand à lui laisse toute la part belle au spectateur et à son imagination fertile. Suivez cet artiste ultra talentueux de prêt car chacune de ses nouvelles séries diffuse une puissance de feu enchanteresse.

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César, peux-tu te présenter ?

César Ancelle Hansen, 40 ans, originaire du Nord de la France, je suis arrivé à Biarritz en 2001, j’ai une activité un peu schizophrénique (sourire), je suis médecin urgentiste et photographe. Papa de 2 petits Biarrots, une femme avec qui je voyage car elle est hôtesse de l’air.

Comment décrirais-tu ton style artistique ? De quoi est-il empreint ?

Il est empreint de mon histoire personnelle. Mon père était comédien, ma mère était styliste & directrice artistique, ma femme avant d’être hôtesse de l’air était styliste également et j’ai baigné très gamin dans le milieu de l’Art
et de la photo plus particulièrement. Je n’ai aucune formation artistique. C’est compliqué pour moi de décrire mon style artistique, ce que je peux te dire c’est qu’il est basé sur l’instinct, sur l’œil et que ce que je fais n’est pas vraiment calculé.
J’ai une vraie distance avec mes photos, je pense que mon style est basé sur la sensibilité et l’instantané, si je devais lui attribuer un mouvement je dirai celui de William Klein. Au niveau des supports je travaille à la fois en argentique, en numérique, du moyen format et classique. Je note mes idées sur un carnet instantanément. Avec le temps et les années j’ai cependant des projets beaucoup plus réfléchis. J’ai baigné dans l’image toute ma vie, mes inspirations sont donc multiples et infinies. Elle me viennent du cinéma, des bouquins. Le graphiste avec lequel je travaille sur mes affiches , Théo Caget de chez Helder Supply a cette même empreinte. Je revendique aussi mes influences américaines, j’assume autant d’aimer Jacques Audiart que Quentin Tarentino.

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Comment passe-t-on de la photo au Pays basque à celle du Festival Burning Man au Nevada ? Pourquoi avoir choisi d’aller capturer de l’image là bas ?

Pour un photographe le Burning Man est un espace de liberté incroyable, les lumières sont hallucinantes, au Pays Basque je suis très attiré par les « Golden Hours ». Un de mes amis d’enfance m’a proposé d’intégrer le Burning Man, ce qui se prépare et se finance. Joel Mendiburu m’a fourni des lunettes délirantes, je suis partie avec la totalité de mon matériel photo, la moitié y est restée à cause des variations de chaleur extrêmes et de la poussière . Ce n’est pas un événement qui se vit en spectateur, le principe fondateur du Burning Man c’est la déconnexion, j’ai donc shooté avec mon appareil dans un sac à dos.

J’ai photographié à l’arrache mais le résultat est surprenant car certains instantanés ont été griffés, certaines impressions sont abîmées ou délavées, et finalement ça retransmet bien ce coté roots. Le Burning Man restera un souvenir exceptionnel, c’est un espèce de laboratoire de la société américaine, à la fois dans le lâcher prise et le puritanisme. Les vibrations sont folles, au niveau artistique c’est dément et la notion de don et de partage est le principe fondateur que tu vis expérimente réellement sur place.

Que trouve-t-on au Pays Basque que l’on ne trouve nul part ailleurs ?

Ce savant mélange d’une culture forte, d’un paysage ultra préservé, l’absence de soucis urbain classique. Tout le monde l’appelle la French Californie mais je trouve que ça n’a rien à voir. La culture basque reste très marquée et c’est très bien comme ça. La richesse que la langue, les savoir-faire, la gastronomie, les Arts basques apportent à notre quotidien est inégalée et cela apporte une cohésion et un charme fou à cette identité basque .

Penses-tu qu’il existe un rêve français ? Quel serait le tien ?

Oui pour moi il existe. Il suffit de regarder la scène électronique. On a une influence claire de part notre liberté. La France a un potentiel énorme et je suis plutôt optimiste. Le secret, comme le dit si bien Xavier Dolan, c’est de bosser, d’essayer encore et encore, et tu trouves ton chemin. Je tiens d’ailleurs à ce titre à remercier la Galerie Six Feet, Alain Marhic et le Helder Supply, qui ont fait connaître mes photos à travers le monde et JB du Wallako Surf Shop qui m’a présenté des pointures du longboard. Le secret c’est de s’intéresser aux autres, pas seulement à son compte Instagram.

Peux-tu me citer un exemple de success story Made in France ? Une personne que tu admires pour son parcours.

JR. Lui c’est la synthèse. Pour moi c’est l’artiste ultime. Non seulement il fait du beau mais en plus ca a du sens. Et en plus il est mondial. Tueur en série inégalable (sourire). Et les Daft Punk aussi.

Ton Art est-il un acte engagé et penses-tu qu’il ait une influence sociétale ?

Engagé est un grand mot mais dans les photos que je fais je sais qu’il y a une volonté de vouloir ralentir l’horloge. Permettre aux gens d’arrêter le temps et de se dire « regarde c’est beau ».

Quel terme aimerais-tu voir émerger de tes créations ?

Un vrai compliment ce serait qu’on dise de mes photos sont rares.

César, que peut-on te souhaiter pour l’avenir ?

De multiplier les collaborations artistiques, de continuer à photographier le monde et réussir à mixer ma vie de famille, ma vie professionnelle et ma vie artistique. De ne pas vivre à travers le viseur et de rester créatif.

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+ de photos sur son Instagram
https://www.instagram.com/cesarancellehansen/

 

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