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{Interview & Texte par Aurélie Siou}

La France est une Californie qui s’ignore”. Dans une tribune à la rhétorique patriotique, NICOLAS DUFOURCQ, président de Bpifrance l’affirme haut et fort, la France a tous les atouts pour briller!

Faute de renouvellement d’une quantité de dirigeants qui persévèrent dans l’être à tous les niveaux du corps social, la France se pense en état de défaite et de blocage. Défaites et blocages pénètrent au plus profond de l’esprit pourtant conquérant d’un pays habitué au mouvement. Ces gens ne nous empêcheront pas de penser que la France est en Europe une Californie qui s’ignore, et d’observer avec un œil jeune le jaillissement d’énergie que l’on trouve chez les entrepreneurs de nos régions, les acteurs des cités, les Français de la troisième génération, les salariés des groupes mondialisés, les jeunes en nombre qui vont bientôt imposer la nouvelle société.

On voudrait nous faire désaimer d’être Français, autant nous demander de désaimer d’être soi. Nous sommes Français, natifs de l’un des pays les plus profonds, les plus humainement riches, les plus privilégiés du monde. Libérés de la prison du non-désir, nous autres Français de toutes origines sommes capables de soulever des montagnes ! Nous avons fait un travail de liberté unique, et ceux qui voyagent le savent bien. Il ne reste qu’à déployer ces énergies, en faisant les bons choix à la croisée des chemins.

Pour cela, il faut être insolent. L’insolence, tempérament majeur des grands vivants, des femmes et des hommes libres, qualité de base des impétueux, des impatients, des découvreurs. Insolence, qualité ultime de ceux qui refusent d’analyser leur impuissance, et qui n’attendent pas les réformes venues d’en haut pour commencer à envisager de vivre. Qualité des patriotes, des volontaires, des optimistes.

Qualité des entrepreneurs, de tous les anonymes admirables qui avec la bonne hargne, ont voulu de tout temps être leurs propres patrons, insolence à vouloir aller vers le plaisir d’être libre.

 

 

Darwin: French Dream do come true!

Jean-Marc Gancille et Philippe Barre sont de tous ceux là. “Ces semeurs d’étoiles, culottés et audacieux, inventeurs, mousquetaires souriants, fidèles héritiers de ceux qui ont fait de la France un grand pays. Ils vont nous faire enfin vivre un présent sans nostalgie si on veut bien les entendre.”

Ils appartiennent à cette France qui ose tout et qui réussit tout, cette France désinvolte, cette France qui fait bouger les lignes. cette nouvelle vague d’entrepreneur français à l’esprit novateur bouillonnant et qui ont en eux cette énergie à la fois créative, artistique, numérique et technologique. Hommes de notre temps, ils incarnent cette élégance subtile à la française. Intransigeance décontractée, gout du travail, sens inné de l’innovation, de l’art consommé de l’autopromotion immobilière, de leur vies d’entrepreneurs et de citoyens, ils sont la relève du trio Simoncini, Niel, Grangeon. A n’en pas douter, Darwin porte haut les couleurs d’une nouvelle révolution tricolore au cool bon teint avec une galaxie d’affiliés qui s’étend au niveau national.

Darwin, un écosystème vertueux sur la rive droite de Bordeaux, est le fruit d’une rencontre. Celle de deux visionnaires activistes qui militent très tôt pour la responsabilité sociale et environnementale en entreprise, Jean-Marc Gancille chez l’annonceur, Philippe Barre en agence de communication. L’idée originale du lieu se fait à l’initiative de Philippe Barre. Le duo jette son dévolu sur l’ancienne Caserne Niel, lieu hybride, patrimoine historique en friche et site d’implantation du futur éco-quartier emblématique de la Ville.

Le cahier des charges originel, qui va s’enrichir progressivement de manière expérimentale, “nous avons géré simultanément la rénovation puis la commercialisation du lieu et la gestion de projets, un sacerdoce” selon Jean-Marc, s’appuie sur des principes fondateurs; la création d’un laboratoire d’expérimentation sociale et écologique où des entrepreneurs privés inventent un nouveau modèle d’économie en transition, moins gourmand en ressources. Avec la volonté d’inventer un écosystème ouvert décloisonné, ou l’entraide, la solidarité, la coopération, et la mutualisation des ressources règnent en maitres, et d’ expérimenter de nouvelles façons de travailler ensemble pour stimuler l’innovation et la créativité.

Le projet gagne très tôt les faveurs d’Alain Juppé, puis de la Communauté urbaine de Bordeaux . Le soutien que nous avons récolté était basé sur la confiance mais surtout par la conviction et la foi chevillées au corps que nous avions! Le sien s’est inscrit dans la durée. Il fallait qu’il y croit bien sur, mais nous avons donné de véritables cautions à notre engagement! Nous nous sommes entourés d’un réseau d’entreprises prêtes à se mouiller avec nous, la cession d’une partie des magasins généraux de l’ancienne caserne Niel a été validée en communauté urbaine à l’unanimité, nous avons convaincu les banques pour l’acquisition du lieu, nous avons opportunément su surfer sur la candidature de la ville de Bordeaux au titre de Capitale Européenne de la culture.

La candidature favorise la rencontre avec le tissu culturel local et notamment avec la fédération POLA, depuis longtemps désireuse d’investir les Magasins Généraux de la Caserne Niel pour y développer une fabrique culturelle et artistique. Mutuellement fructueuses, les dynamiques de POLA et d’EVOLUTION, dont Jean-Marc Gancille est le Directeur du Développement Durable et Philippe Barre le Dirigeant, se nourrissent l’une l’autre et donnent corps, sous l’emblème de DARWIN, à l’un des projets emblématiques de la candidature « Bordeaux 2013 ».

Le timing a joué en notre faveur car au moment moment, nous préparions notre participation au sommet de Copenhague où il était question de signer avec le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) et la Ville de Bordeaux un projet de collaboration autour de DARWIN comme bâtiment pilote du nouveau référentiel international de l’empreinte climatique des villes et des bâtiments!

Pour comprendre l’exemplarité du chemin parcouru par ce duo qui
diffuse son effervescence et son aura créatives bien au delà des frontières bordelaises, j’ai interrogé Jean-Marc Gancille.

L’interview de Jean-Marc Gancille

AS/Jean-Marc, n’est ce pas trop utopique de croire que le modèle coopératif peut remplacer celui de la compétition?

JMG/ Non. Le système de coopération fonctionne depuis des millénaires, une société est fertile et solide sur la base d’une interdépendance qui s’enrichit par la coopération et le partage. C’est la démonstration que nous sommes en train de faire. On peut réussir dans un écosystème basé sur la bienveillance. Même si il convient d’admettre que cette façon de voir les choses n’est pas encore la plus répandue en milieu économique !

Aujourd’hui nous faisons office d’aimant et notre réussite génère de l’attractivité, et nous y sommes extrêmement attentifs. Cela n’a pas été facile, il nous a fallut établir des règles partagées ainsi qu’une gouvernance , une responsabilité et parier sur l’intelligence collective. Du point de vue environnemental, un obstacle majeur subsiste : celui de la contradiction manifeste entre la croissance économique et la réduction de l’empreinte écologique. Aujourd’hui admettons qu’on fait juste “moins pire”à défaut d’inventer un modèle vraiment compatible avec la préservation de la biosphère, ce qui n’empêche pas d’y travailler avec une grande exigence.

AS/ Pour vous, la consécration serait donc la labellisation du concept Darwin?

JMG/ Pas du tout ! Nous ne cherchons pas les médailles ou les labels. Nous voulons juste des résultats en phase avec nos efforts. En matière d’écologie, il faut faire tout sauf se satisfaire de l’obtention d’un label, c’est une exigence constante. Ici mon job est de faire en sorte que tout le monde se sente concerné ou tout du moins que le plus grand nombre accepte les contraintes et les efforts à déployer.

AS/ A ce sujet, vous avez inspiré des initiatives telles que le projet urbain de Pantin en région parisienne? A l’horizon 2016, l’agence de pub BETC va s’installer dans les anciens Magasins Généraux de Paris, autrefois temps du graffiti sauvage. Qu’en penses-tu?

JMG/
Je ne sais pas s’ils se sont inspirés de Darwin mais la ressemblance est forte. Voir une friche urbaine s’émanciper sur une dimension économique et culturelle c’est plutôt satisfaisant! Si Bordeaux inspire Paris, c’est un petit peu de fierté oui.

AS/ A ce propos, Jean-Marc, comment expliques-tu votre réussite?

JMG: Plusieurs facteurs ont été vecteurs de notre réussite. Notre très grande sincérité tout d’abord et la chance bien sûr. Ensuite, le travail, ce que nous avons maturé, un écosystème circulaire, collaboratif, l’opportunité d’un lieu adapté, un moment, un territoire. Dans l’ensemble, il faut avouer que nous avons eu une bonne étoile car le timing nous a été favorable. Mais la nature même de l’aspect Darwinien consiste à savoir saisir les opportunités, notre premier atout a été d’avoir su trouver des compétences, d’avoir réuni des talents complémentaires.

Enfin, le dernier facteur, pas des moindres, c’est que nous avons réussi le pari de faire rêver, de porter une utopie par le biais du marketing et de la communication. Le nom en lui-même est porteur d’un imaginaire et l’imagerie que nous projetions est devenue réalité. On peut affirmer que le coté “marqueté” du lieu est cohérent avec le fond, que l’intention est là et que nous ne communiquons pas sur du vent.

AS/ Quand Alain Juppé parle du “prolongement culturel” de Darwin, comment l’envisagez-vous?

JMG/ En réalité il s’agit d’un second Darwin! Nous avons remporté la consultation sur la rénovation d’une seconde tranche de bâtiments de la caserne Niel ou nous prévoyons d’accueillir de nombreuses activités dans le champ social et culturel, et notamment le collectif POLA hébergé dans sa «  fabrique artistique » avec une dominante entrepreneuriale et créative.

AS/ Jean-Marc, penses-tu que le rêve français existe?

JMG/ Je ne sais pas si il existe un rêve français mais en tout cas il existe un rêve bordelais!

Il y a de quoi être agacé parfois de l’inertie administrative et des nombreux blocages, pour autant rien n’est impossible. Notre capacité d’entreprendre est très vivante, nous visons sur un territoire fertile et apaisé, avec un enthousiasme exceptionnel des acteurs qui contribuent à sa vitalité.

Au lendemain du 11 janvier 2015, Alexis Brezet, journaliste au Figaro, écrit: “rien ne serait pire que de retomber dans ce déni et cet aveuglement auxquels nous avons longtemps, trop longtemps, été sacrifiés. La France, celle qui a défilé hier, c’est une histoire, une civilisation, un art de vivre. Le plus grand défi maintenant est de transmettre ces valeurs aux jeunes de notre pays, quelque soit leur origine. Leur faire entendre qu’ils peuvent être fiers d’être Français.”

D’après Denis Gancel, fondateur de l’Observatoire de la marque France
, l’état d’esprit positif est l’avantage stratégique qui nous manque.
Il faut d’abord arrêter de nous plaindre et croire d’avantage en nous. Ensuite créer une véritable marque de fabrique qui va bien au delà du simple achetez français véhiculé par le label “Made in France”. Les Etats-Unis véhiculent l’American Dream, qui repose sur la conviction que toute personne, par son courage et sa détermination, peut réussir. L’Allemagne s’appuie sur la qualité, une assurance qui se traduit même dans la publicité, le slogan de Volkswagen “Das Auto”s’affiche partout dans la langue de Goethe alors que celui de Renault “Quality Made” est en anglais. Pourtant le succès de la fameuse “French Touch”, symbolisée par Daft Punk, devrait nous inciter à développer un esprit plus conquérant.

Jacques-Antoine Grangeon, porte parole messianique de toute une génération d’entrepreneurs ultra successful le revendique haut et fort; En France, nous avons des talents et tous les savoir-faire! A part peut être le Japon, il n’y aucun autre pays qui sait faire autant de choses. Du produit du terroir au satellite, de l’arme nucléaire jusqu’à la culture des vélos jusqu’aux voitures, nous savons tout concevoir.


Pour + d’infos

Darwin, écosystème de la Caserne Niel

http://www.darwin-ecosysteme.fr/


Pour soutenir Darwin

DARWIN, l’Eco-Système de la caserne Niel est sélectionné par la Fondation Nicolas Hulot comme l’un des 100 projets français contributeur à la lutte contre le changement climatique. Votez pour eux sur le site pour leur donner encore plus de visibilité !

http://www.mypositiveimpact.org/

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