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Il vient du pays ou la montagne et la mer jouent à la pelote avec les nuages. Lui, à la pelote, tutoie souvent les étoiles, muni de sa chistera, un joyau de cuir et d’osier. Il embrase le public de sa force de frappe et de ses lancers de braise qui suscitent autant l’ivresse que le vertige

La beauté et la ferveur des messes sportives qu’il mène tambour battant et le cœur vaillant font de lui à la fois l’idole du pays et l’icône des plus jeunes comme des anciens. Moins connu et plus discret que le King Zlatan, le King Irastorza n’en demeure pas moins tout aussi puissant techniquement et tout aussi vénéré par son public. Un public en émoi patriotique devant une figure sportive aussi aristocratique et en symbiose face à un homme à la personnalité élégante, humble, généreuse, fière et noble.

Sans fioritures, par son regard, son attitude et son physique, ce qu’il est et dégage s’imposent naturellement ;
Sportif exemplaire, a à peine 40 ans, Eric est incontestablement devenu le porte drapeau d’une exception culturelle qui fait rayonner la France au delà de nos frontières.

Ses intentions pourraient d’ailleurs prochainement en réjouir plus d’uns. Eric compte bien transmettre la maîtrise du geste et le goût du travail bien fait à ses cadets.

L’interview exclusive d’Eric Irastorza

AS : Pour ceux qui ne te connaisse pas, peux-tu me parler de toi ?

EI : Je suis né au Pays Basque, j’ai commencé la « cesta punta » à l’age de 10 ans à Bidart, j’ai obtenu le titre de Champion de France dans toutes les catégories et à l’age de 19 ans j’ai été sélectionné pour les championnats du monde des moins de 22 ans à Cuba. En préparation à Saint-Jean de Luz, on nous faisait jouer avec les meilleurs professionnels de Miami. J’ai rencontré Daniel Michelena, j’ai appris avec lui et c’est lui qui m’a fait venir à Miami 3 ans plus tard au sein du Miami Jai Alai. Je suis arrivé là bas avec 2 titres de Champions du monde amateur pour me perfectionner.

Eric, pour les non-initiés ou non basques, peux-tu m’expliquer la signification des termes, « cesta punta » , « chistera » et « jai alai ».

« Jai alai » veut dire « fête allègre », c’est un endroit ou les gens partagent par l’intermédiaire de la « cesta punta » qui veut dire le bout du gant, Quand on attrape la pelote on doit l’attraper au bout du gant. La chistera est l’instrument avec lequel on lance la pelote. C’est un prolongement du bras. La Chistera est adaptée à chaque joueur et correspond à 70% de la performance. Mon fabriquant ici connaît mon swing et le fabrique en fonction. C’est un objet très technique, un véritable savoir-faire.

Comment expliques-tu ta réussite ? Doit-on automatiquement passer par les États-Unis pour réussir ?

Il y a 15 ans, le passage aux États-Unis était obligatoire pour pouvoir jouer et en vivre toute l’année. Là bas les gens parient sur toi tous les jours comme au tiercé. Me concernant j’ai gagné le titre du plus grand tournoi de Floride 3 mois après ma venue. La situation est plus compliquée maintenant. On a été racheté par des financiers, le casino favorise les machines à sous et nous mets de coté. Le future pour un joueur est plus en Europe maintenant.

Concernant ma réussite je suis un amoureux de ce sport depuis tout petit. C’est toute ma vie et je la dois à mon entraînement intensif, à ma persévérance, à mon sérieux et au fait de mettre tous les moyens pour être et rester numéro 1. J’ai peut-être toujours été plus « basque » que les autres aussi. J’ai toujours gardé en tête de faire des bons papiers (de bonnes performances) chez moi, ici au Pays Basque. L’argent ne m’a pas drivé.

Eric, que trouve-t-on au Pays Basque que l’on ne trouve nul part ailleurs ?

L’authenticité et la fidélité. Quand je joue beaucoup de locaux viennent me voir, il me sont fidèles. Ça me tient à cœur d’avoir cet équilibre. J’ai un petit de 5 ans qui m’envoie des messages sur Facebook et je sais qu’il se couche tous les soirs avec « Intérieur Sport ». Au delà du sport c’est tout cela qui me fait vibrer. Plus tu prends de l’âge plus tu es sensible à ces signes là.

Eric, quels sont tes projets ?

Je termine mon contrat à Miami en 2017. Je compte revenir au Pays Basque et m’occuper de ma marque de vêtements qui s’appelle Ttilika que j’ai montée avec 2 copains. J’ai envie de monter des affaires aussi. Je veux m’investir aussi après des jeunes pour les aider à se perfectionner lors de stage en pelote basque. J’ai envie de leur rendre ce que j’ai reçu.

Penses-tu que le rêve français existe ?

Je vais te dire que oui dans la mesure ou je reviens jouer en France 3 mois de l’année. Ce plaisir là que je ressens ici est inégalable. Avec l’aide des bonnes fédérations, des bonnes institutions, des bons médias je pense que le rêve français et même européen existe. J’espère que le futur est plus ici qu’aux US.

Comment honores-tu le statut d’ambassadeur français de la « cesta punta » à l’étranger ?

Je ne suis pas le seul joueur de pelote français à Miami mais je suis le seul qu’on appelle « le basque » au sein de la communauté française. C’est à ça qu’on me reconnaît. J’ai cette étiquette là et ma foi je n’en suis pas mécontent.

Eric, penses-tu que la pelote devrait faire partie des sports officiels dans la programmation des jeux olympiques ?

Le nouveau Président de la Fédération internationale est en train de travailler dessus. En tant que joueur d’un club privé à l’ étranger je n’ai pas cette légitimité pour le moment mais je compte bien m’impliquer à terme.

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Le Palmarès d’Eric Irastorza

– Champion du monde pro 2000, 2006, 2007 et 2013.

–16 fois champion de France amateur.

– 8 fois champion des internationaux

– 5 fois vainqueur des Internationaux de Saint Jean de Luz.

– 9 fois vainqueur du Gant d’Or de Biarritz.

– 3 fois vainqueur du Citrus Orlando.

– Vainqueur de la Najf 1999

– Vainqueur du Mohegan Sun Milford 1999
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