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Partout l’Art y est primordial.  Union plus que parfaite entre les galeries et les artistes, synthétisant un besoin actuel de décloisonner et d’abolir les frontières d’un univers nostalgique, d’un cocon poussiéreux, d’une bulle impénétrable…

Si l’Art casse les certitudes, ils ont ébranlé celles du marché de l’Art « old school ». Décider d’aller casser des codes, parfois établis depuis des décennies ou des siècles est osé et souvent le fruit d’un parti pris engagé. François-Xavier Trancart et Hugo Mulliez se sont attaqués à ce secteur pour libérer les énergies, relever des défis de taille et surtout prendre une place importante sur un marché qu’il réinventent désormais.

Artsper, panorama de l’art moderne, de l’art contemporain et de la création émergente- à la fois laboratoire et show-room prestigieux ouvert sur le monde, qui vit au rythme de rencontres et d’expositions- est devenu un happening numérique constant qui concilie l’esprit de rareté avec l’accessibilité d’un flagship numérique, qui provoque un tourbillon d’envies.

La métamorphose à l’œuvre, naturelle, sincère et volontaire, à l’heure ou l’émergence des outils numériques a bouleversé tous les aspects de la création et que les artistes se les sont appropriés et interrogent le monde. Artsper, c’est l’Art trépidant, mordant, c’est l’Art haut en couleurs, l’Art dans tous ses états, c’est l’Art et la matière. Artsper fait sortir l’Art de son ghetto et irrigue la culture contemporaine.

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{AS} François-Xavier, peux-tu me présenter Artsper sous la forme d’un pitch?

[FXT} Hugo, mon associé et  moi-même n’avons pas du tout étudié l’Art contemporain, nous ne venons pas de ce milieu mais nous avons toujours été des amateurs non initiés. La genèse part d’un constat simple. Celui qui ne s’y connait pas peut être effrayé de rentrer dans une galerie, ce n’est pas toujours un environnement ou on se sent très à l’aise, le fait de ne pas connaitre un Artiste peut refroidir un grand nombre de personnes qui ont envie d’acheter de l’Art mais qui ne le font pas.

Hugo a donc regardé un peu ce qui se faisait sur Internet, il s’est rendu compte qu’il n’y avait pas grand chose de disponible en Europe. Il est tombé sur Artsy, un site américain qui aujourd’hui est notre concurrent. Il s’est senti à l’aise sur ce site classique de e-commerce aux choix infini en terme de prix et d’œuvres..

La genèse c’est cela. Nous avons identifié un besoin et un intérêt pour l’Art contemporain d’un très grand nombre de personnes désireuses d’acheter.
On parle facilement aujourd’hui d’Art contemporain en ligne mais il y a 2 ans 1/2 lorsque nous nous sommes lancés, on nous a découragé, ce qui nous motivé, on s’est dit qu’il y avait un beau challenge à relever. On assiste actuellement à une mutation du marché de l’Art, ce qui nous excite quotidiennement.

Pour résumé Artsper aujourd’hui en une phrase, c’est un endroit sur le Web ou chacun va trouver un œuvre qui va lui convenir et lui plaire en terme de gout, de budget ou de thème. Nous n’imposons pas notre vision de l’Art mais nous donnons l’image la plus complète du marche de l’Art, que ce soit au niveau conceptuel pointu, ou grand public.

Vous considérez vous comme des entrepreneurs transgressifs et si oui, d’après toi comment brise-t-on le plafond de verre en France?

Notre age a été un obstacle au début, car je viens tout juste d’avoir 26 ans et Hugo en a 27. On a pris pas mal de portes dans le nez mais cela a constitué un avantage car nous sommes restés décomplexés par rapport à ces codes. Les premières galeries que nous avons contactées ont essayé de nous convaincre qu’aucune d’entre elles n’accepteraient notre proposition, aujourd’hui on en a près de 300, cet argument n’existe plus, notre vision marketing a été une force, le fait d’être jeunes et décomplexés est devenu un avantage, nous n’avons pas plié nous n’avions rien à perdre.

Ce qui nous plait c’est de « disrupter » un marché à la manière d’un AirB&B et d’un Uber. Le modèle de la galerie avec pignon sur rue est un peu poussiéreux et dépassé, donner un second souffle à tout cela est motivant, toucher le plus grand nombre aussi. Rare sont ceux qui sont indifférents à l’Art. une œuvre pour nous ne doit plus être ni abstrait ni contraint a une catégorie sociale, ça ne doit plus être réservé à une élite ou à des connaisseurs. Chez nous on achète une histoire et on soutient un jeune artiste. L’écosystème français est favorable aux entrepreneurs, il y a beaucoup d’accélérateurs et d’incubateurs, la seule complexité est de dépasser les préjugés.  Il faut juste aller au bout de ses convictions. Notre devise c’est tester une idée et aller jusqu’au bout. Il ne faut pas avoir peur de l’échec. On apprend de ses échecs, c’est comme cela que l’on prend confiance en soi.

Qu’est ce qui définit d’après toi l’influence d’un artiste?

Nous travaillons exclusivement avec les galeries parce que c’est l’entourage de l’Artiste qui fait tout. La galerie fait un travail incroyable d’accompagnement dans les choix artistiques, la démarche, la façon de communiquer son travail. L’Artiste doit se concentrer sur ses réalisations, sa technique de travail. Les jeunes artistes qui montent sont ceux qui ont su s’entourer d’un bon conseiller. Il y a évidemment une part de chance a faire les bonnes rencontres, comme dans tous les domaines culturels. La galerie et l’Artiste c’est un vrai binôme.

Parle moi de votre comité d’experts. Comment avez-vous sélectionné vos parrains et pourquoi?

Avant même de lancer le site, on a fait le choix de s’entourer d’experts pour nous accompagner. Philippe Charpentier, notre expert Art, Severine Boutterie, notre expert communication, Alexandre Mulliez, l’entrepreneur, Steve Rosemblum, fondateur de Pixmania expert es e-commerce, Renaud Donnedieu de Vabres, notre caution culturelle et institutionnelle.

Pourquoi l’avons nous fait? Simplement car nous étions humblement conscients qu’à nous 2 nous ne prétendions pas révolutionner le modèle de la start-up. On les a sollicité au culot, il ont répondu favorablement. Nous sommes éternellement reconnaissants envers eux. Le nombre de fois ou ils nous on fait gagner du temps sont innombrables. Monter un comité de « sages » c’est la clé. Il faut accepter que les autres ont plus d’expériences que nous. Il y a de sujets sur lesquels nous avons besoin d’un œil extérieur.

Comment expliques-tu votre réussite fulgurante?

Ça passe évidemment par notre capacité à écouter les conseils des autres, à ne pas foncer tête baisser, à savoir se remettre en cause, nous testons chaque décision que nous prenons. Après il y a une part de chance bien entendu.

Pensez-vous influer sur la démocratisation de l’Art contemporain?

Je ne suis pas très fan du mot « démocratisation ». Je dirai que nous décomplexons l’accès à l’Art contemporain. Aujourd’hui acheter une œuvre en ligne est en train de renter dans les meurs, nous avons participé a accélérer ça. Nous apportons une transparence de l’information, sur les œuvres et les artistes, ce qui n’est pas courant et ce qui pose parfois des problèmes.

Quelles sont les conditions à remplir pour être considéré par vous comme un artiste émergent?
Ce que l’on regarde c’est avant tout  les dernières expositions de l’artiste c’est à dire la richesse de son actualité et sa formation.  La richesse de l’actualité plutôt que le lieu ou il a exposé.

Le prochain artiste français(e) « bankable pour vous? »

Théo Haggai, un artiste graphique qui fait des dessins avec un personnage a la Keith Haring. Il est très inspiré et a un parcours atypique. Il est autodidacte et il est représenté par une jeune galerie. Son évolution dans sa démarche et ses réalisations est impressionnante. Il a le soutien de Jean-Charles de Castelbajac qui achète ses travaux. J’aimerais bien qu’il aille loin.

Celui ou Celle qui incarne la « Success Story » à la française par excellence?

Réponse facile. Xavier Niel dans le sens ou il est parti de rien et parce qu’il a construit un empire avec beaucoup d’humilité. Je trouve tout à son honneur de soutenir les start-up.

Tu as un scoop pour moi vous concernant ?

Nous n’avons aucun secret , une idée ne vaut pas grand chose, c’est sa réalisation qui compte. La grosse actu qui aura lieu c’est notre seconde levée de fonds qui va nous permettre d’accélérer le développement, agrandir notre équipe et  nous internationaliser.

 

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